vendredi 30 octobre 2020

Yog-Sothothery, Starspawn of Cthulhu

Yog-Sothothery

Starspawn of Cthulhu - 2020


Je ne vais pas vous refaire la vieille blague éculée "Cthulhu a le vent en poulpe", mais force est de constater que Lovecraft continue à influencer du monde. Et du beau.
Sorti en début d'année, Yog-Sothothery (terme par lequel Lovecraft lui-même désignait, non sans humour, ses écrits en lien avec les Grands Anciens) est un E.P. de cinq titres qui m'a conquis dès sa première écoute. Les deux membres de Starspawn of Cthulhu, italiens originaires de la ville de Vicence, nous livrent un premier effort qui, à mes oreilles, est une belle réussite.
Le premier morceau, Lurker at the Threshold commence par un petit arpège de guitare nimbé de synthé nous plongeant dans l'atmosphère, puis très vite débarquent les guitares saturées et la batterie (programmée). Vient gronder la voix qui annonce l'arrivée de Yog-Sothoth, sur des nappes de guitares lancinantes.
Lentement, lourdement, c'est au tour du chaos rampant, Nyarlathotep, de faire son entrée, pour nous inviter à le rejoindre afin qu'il puisse faire revenir les Grands Anciens sur Terre avec Nyarlathotep, the Crawling Chaos...
S'en suit Starspawn of Cthulhu, morceau instrumental de haute voltige, un hymne pour le groupe comme il en porte le nom (amusant de voir d'ailleurs qu'un autre groupe italien, Night Gaunt, avait eu lui aussi la même idée sur son premier album).
The Exhumer est une chanson sur Herbest West, racontant les expériences de ce résurrectionniste qui pourrait très bien s'appeler Victor Frankenstein...
Enfin, débutant par une planante introduction synthé/guitares, Innsmouth Order nous transporte vers la brumeuse Innsmouth. Ambiance poisseuse, comme cette ville dont les habitants invoquent Dagon en sacrifiant les pauvres hères qui ont la mauvaise idée de se perdre dans ses rues puantes et sombres...

Dans l'ensemble, Starspawn of Cthulhu nous sert avec Yog-Sothothery un E.P. vraiment prenant qui, même s'il souffre peut-être parfois d'un peu de verdeur, est bourré de riffs incisifs qui percutent, et d'une homogénéité surprenante qui fait que ces cinq titres s'écoutent d'une traite avec un égal immense plaisir.
Un groupe sur lequel il va falloir garder un œil (et deux oreilles !) car, s'il persiste dans cette voie, il devrait nous livrer de merveilleux joyaux dans les années à venir.

 Cinq titres, pour une durée de 24.22 mns
1 - Lurker at the Threshold
2 - Nyarlathotep, the Crawling Chaos
3 - Starspawn of Cthulhu
4 - The Exhumer
5 - Innsmouth Order
 
Petit bonus : la chanson "Innsmouth Order" 

Yog-Sothothery est sorti en CD tirage limité à 50 exemplaires, Sold Out maintenant (j'ai acheté un des derniers exemplaires, désolé). Désormais uniquement disponible au format digital et en écoute libre sur les pages Bandcamp et Spotify du groupe. Sinon, sur Linktree, vous trouverez les liens vers leurs différentes pages.
 
Roberto Biasin : Guitare, basse, clavier, chants
Domenico Groppo : Guitare, chants
Mixé par Francesco Garatti

Parution : 29 février 2020

mercredi 5 août 2020

Johansen's Nightmare, Y'ha-Nthlei


Johansen's Nightmare (Demo)

Y'ha-Nthlei - 2018


Je ne sors de ma crypte qu'aujourd'hui pour rédiger vite fait ce petit article, qui ressemblera plus à une "fiche" qu'à une véritable étude approfondie (comme d'habitude, quoi).
Cependant, je me dois de vous parler un peu de cet O.S.N.I. (Objet Sonore Non Identifié), et principalement de son format.
L'image qui illustre ces quelques lignes n'est pas juste une photo pour une jaquette de CD ou de cassette. Il s'agit bien d'une disquette 3.5 pouces !
Après quelques recherches sur le web, j'ai découvert que cet objet d'un autre temps était intelligemment recyclé ces dernières années, même si de manière marginale, pour diffuser des titres souvent inédits. Comme c'est le cas avec Johansen's Nightmare.
Nous est offert ici une démo nous plongeant dans l'univers si particulier et si addictif de Randolph Carter, seul membre derrière Y'ha-nthlei,
Cette atmosphérique composition, où mugissent des guitares saturées, nous raconte ce cauchemar effroyable et récurant qui a dû hanter le pauvre Gustaf Johansen après sa rencontre avec le grand Cthulhu, avant que la mort ne le délivre... (Pour rappel, Johansen est le seul survivant dans "l'appel de Cthulhu" a l'avoir vu, et son journal reste l'unique récit de première main auquel peut accéder Francis Wayland Thurston lors de ses recherches).

Cette disquette est donc une curiosité, difficile à trouver car au tirage ultra limité de sept exemplaires.
J'ai le plaisir d'en posséder la numéro 5, qui illustre cet article. Vous trouverez d'autres photos plus bas, tirées du site officiel de Y'ha-Nthlei et si la chance me sourit, je posterais d'autres photos (si j'en trouve d'autres exemplaires)...



Un seul titre donc pour cette démo, d'une durée  de 11'14 mn :
1 - Johansen's Nightmare


Johansen's nightmare est sorti en avril 2018 chez Floppy Kick en tirage limité de sept exemplaires, et n'est disponible au format digital que pour ceux qui s'abonne au label (voir leur site), ou aux heureux propriétaires d'une des disquettes. Une rareté, que l'on croise parfois sur Discogs...





mardi 19 mai 2020

Sorrows of the Moon, Night Gaunt

Sorrows of the Moon

Night Gaunt - 2020


Durant le confinement provoqué par le Covid-19, pas mal d'artistes ont proposé des concerts en ligne, ou des rabais sur leurs productions.
Les musiciens de Night Gaunt, eux, ont continué à enregistrer chacun de leurs côtés. Puis leurs pistes ont été regroupées par le bassiste qui s'est chargé de les mixer.
Selon les dires du groupe, le choix de ces deux titres - qu'il considère non "officiels", mais plus comme un petit cadeau pour leurs fans - a été difficile, car la liste des possibilités était longue.
En effet, il ne s'agit pas ici de nouvelles compositions, mais de deux reprises : Sorrows of the Moon de Celtic Frost et  For her light de Fields of the Nephilim.
Le groupe italien nous offre ainsi ces deux petites merveilles, sombres, pesantes, bel hommage à ces deux groupes mythiques.
A savoir : ces enregistrements sont les premiers enregistrés par S. Veneficium à la guitare et J. Stellarvore à la basse au sein du groupe.


1 - Sorrows of the Moon (Celtic Frost cover)
2 - For her light (Fields of the Nephilim cover)


Sorrows of the Moon est disponible uniquement au format digital et en écoute libre sur la page du groupe :
Guitares et Chant : GC
Guitares : S. Veneficium
Basse : J. Stellarvore
Batterie :M. Tystnaden


Mixé et masteurisé par J. Stellarvore
Parution : 1 mai 2020

samedi 25 avril 2020

47°9'S 126°43'W, Fhtagn


47°9'S 126°43'W

Fhtagn - 2018


Avec 47°9'S 126°43'W, premier album de Fhtagn, le groupe estonien plante déjà clairement ses fondations musicales. Ce trio emmené par Hans Horn - qui compose les titres et assure les guitares - utilise une recette simple mais bougrement efficace : guitares, basse, batterie et une ambiance bien particulière qui nous plonge dans les profondeurs sous-marines obscures, non loin du site aux structures non euclidiennes de R'lyeh.
Ah oui, vous aviez bien entendu tous reconnu, dans le tire de l'album, l'adresse de notre bon vieux Cthulhu telle que donnée par Lovecraft...
Un premier effort efficace plus que convainquant !

La version digitale en ligne propose quatre titres, tandis que la version physique disponible uniquement en cassette à tirage limité, propose un cinquième titre démo.

1 - Kõige Halvem
2 - Bene-Gesseriti Nõid
3 - Saatanliku Kuu Kõne
4 - Kas Unistad Ka Elektrilambast
5 - Väga Paha Inimene (Demo)



Hans Horn : Guitares
Erik Prank : Basse
Martin Haule : Batterie

Musique : Hans Horn
Illustration : Maari Soekov
Enregistré, mixé et masterisé par Hans Horn

Sorti le 10 juillet 2016

Lien vers l'album : Bandcamp

lundi 23 mars 2020

Temple of Insanity, Y'ha-Nthlei

 

Temple Of Insanity (Demo)

Y'ha-Nthlei - 2012

 

Je ne pensais pas écouter ce genre de musique un jour.
Surtout, je ne pensais pas apprècier ce genre de musique un jour !
Mais la curiosité (qui est très loin d'être un vilain défaut) m'a fait me pencher sur ce musicien qui se fait appeler Randolph Carter et qui gère seul son petit monde qu'est Y'ha-Nthlei.
Rien que l'usage de ces noms m'a suffi pour que je me case le casque sur les oreilles afin de plonger du récif du diable dans les eaux noires de l'océan musical de cet artiste...
Autant vous dire qu'aborder son œuvre demande un sacré souffle, voire une bonne maîtrise de l'apnée.
Je me suis d'abord blessé aux écueils qui affleuraient, nombreux, à la surface des notes. J'aurais pu essayer de remonter sur les rochers, abandonner dès la première écoute ma tentative de découverte... Mais la bête que je suis est têtue, et je pressentais que, derrière les sons saturés de la guitare de Randolph Carter, se cachait un mystère.
Oh, nul besoin d'études approfondies des arcanes interdites dissimulées dans les pages de vieux grimoires oubliés. J'ai replongé, en prenant un meilleur élan, et j'ai nagé. Surnagé, plutôt, entre les flots de guitares délivrés aux rythmes parfois fous d'une batterie programmée, parfois décalée, mais base élémentaire à l'étrangeté musicale que nous délivre ce musicien.
Étrangeté, voilà le mot. Cette musique est étrange. Parfois déroutante, mais sans jamais sonner faux, comme on distingue entre les notes cette aura d'étrangeté qui appelle à une, puis deux, puis d'incalculables nouvelles écoutes.
C'est chose étrange, en effet, que vivre l'aventure Y'ha-Nthlei.
Il y a dans ce son un mystère digne des chants des sirènes antiques, qui me fascine, qui me captive, qui fait que je me retrouve à écrire un petit billet à son propos.
Écrire pour essayer d'exposer mes sensations d'auditeur encore sous le coup de la surprise.
Écrire comme pour essayer de conjurer un sort d'envoutement, pour prévenir le monde... Prévenir le monde non pas de prendre garde, mais au contraire pour l'inviter à plonger avec moi, du haut du récif du diable, dans les eaux noires et tumultueuses de la musique de Y'ha-Nthlei.

Cette démo, la première proposée par Randolph Carter, est celle que j'écoute le plus (même si je n'ai pas l'intégralité de ses sorties, je possède bon nombre d'entre elles). Ici aussi, point de raisons rationnelles qui me permettraient de justifier la chose. Peut-être simplement parce que c'est avec elle que j'ai fait le grand saut vers l'inconnu.

Quoiqu'il en soit, si d'aventure vous sautez avec moi dans l'univers de cet artiste, je reste curieux d'avoir votre retour.
Bien plus inaccessible que tout ce que j'ai pu écouter jusqu'à présent, je le répète, Y'ha-Nthlei mérite vraiment quelques minutes de votre attention. Minutes qui, au delà du temps, pourraient pour vous aussi devenir des heures...


4 titres pour un total de 11'30mn :

1 - Solitary I
2 - Solitary II
3 - Solitary III
4 - Hidden Track


D'abord sorti en cassette au tirage ultra limité de 13 exemplaires sur le label NitroAtmosfericum Records en avril 2012, avec un second tirage de 10 exemplaires chez Cold Solitude Productions la même année, pour enfin se voir réédité en CD en 2014 chez Grotesque Sounds Productions à 30 exemplaires...

Temple of Insanity est disponible au format digital et en écoute libre sur la page du label : Grotesque Sounds, et existe au format Cassette et CD... mais tirages limités, donc indisponible (ou parfois sur Discogs).

Page officielle de Y'ha-Nthlei, qui propose quelques infos en plus, des avis principalement rédigées en russe... c'est ici !

dimanche 23 février 2020

The Black Goat, Kultist

The Black Goat

Kultist - 2019

 

Encore une virée nocturne sur le ouèb, encore une récolte jouissive, encore un groupe que j'écoute en boucle après en avoir acquis la version numérique (la seule disponible sur Bandcamp... je veux un CD !), depuis que je l'ai découvert, pour un album qui est une belle petite perle...
Tout droit venu du Brésil, composé d'un gars derrière le micro et de trois filles aux guitare, basse batterie et backing vocals, ce groupe délivre un metal de haute voltige, aux riffs acérés qui font tendre l'oreille et battre le coeur.
Je l'ai déjà dit avant, dans le peu de chroniques déjà publiées, et le redirai encore : j'écoute plus avec mes tripes qu'avec mes oreilles, et encore plus avec mes oreilles qu'avec mon cerveau.
Ce groupe a tagué quelques étiquettes pour se définir, dont celui de "Dark Metal". Je le reprendrais par principe pour vous aider.
Mais le seul tag que j'utiliserai, pour Kultist comme pour tout autre groupe dont je parle ici, sera : jouissif. Voilà, simple, clair, précis : JOUISSIF !
Ça fait vibrer ces petits nerfs de plaisir qui parcourent mon corps. Ça me fait bouger la tête d'un infernal headbanging, dès qu'un morceau commence, parfois jusqu'à ce qu'il se termine.
Ça me fait un putain de bien ! Et c'est ce que j'attends de la musique, quelle qu'elle puisse être !
Bref, ce groupe nous délivre le grand jeu. La musique, oui, nickel et efficace comme je l'ai déjà dit : des guitares impeccables, de la basse impeccable, des futs de batterie frappés de manière impeccable, et un chant (des chants !) impeccables.
Mais pas que. Des paroles tirées au cordeau, dont les titres devraient parler à tout lovecraftien qui se respecte.
Fhtagn ! J'adore ce groupe !!
Et partager ce genre de découverte étant le but principal de ce blog, je le crie haut et fort : écoutez cet album !
Moi, je me languis déjà de découvrir sa future production...


1 - Shub-Niggurath
2 - The crawling chaos
3 - The kult of Dagon
4 - Eternal abyss
5 - Symphony of madness
6 - Frozen fear
7 - Sign in blood
8 - Bonus track : Black swamp

The Black Goat est disponible au format digital et en écoute libre sur la page du groupe : https://kultistband.bandcamp.com/releases (... et il éxiste au format CD... je veux un CD !)
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Chant : Dan Pacheco
Guitares et chant : Ya Exodus
Basse : et chant : Karine Profana
Batterie :  Leticia Figueiredo 


Parution : 16 avril 2019

mardi 11 février 2020

Insane, Nyarlath

Insane

Nyarlath - 2019

 

Nyarlath, ce nouveau groupe venu de notre beau pays qu'est la France - de la région angevine pour être plus précis - n'est rien d'autre que la révélation de l'année 2019 pour moi.
Découvert tout à fait par hasard au détour d'une page web (Bandcamp pour ne pas la citer), j'ai tout de suite adhéré au son si spécial qu'ont su insuffler les musiciens de ce combo dans leur création. Au début, il n'y avait que deux morceaux de disponibles en ligne, mais je les ai écoutés en boucle. Ce qui est plutôt rare, et qui ne m'était arrivé qu'avec un autre groupe : The Great Old Ones.
Je ne vous cache pas qu'Insane, cet E.P. qui est le premier CD du groupe, je l'attendais avec une grande impatience. Peut-être même était-il LE disque le plus attendu de l'année - après le nouvel opus des Great Old Ones justement - et cette impatience s'est avérée plus que récompensée : voilà un pur joyaux, un bijou au son puissant, à la production irréprochable, aux titres d'une impeccable efficacité.
Je n'ai pas de doute et sais ne pas me tromper : Nyarlath est promis à devenir un groupe énorme, qui devrait se tailler une place de maître au rang des groupes lovecraftiens influents.
Il me tarde de les voir sur scène et j'espère (oui, je sais, je suis gourmand) avoir de nouveaux titres à me mettre dans les oreilles vite. Très vite.
Nyarlath : un groupe déjà incontournable !

1 - Chaos
2 - Insane
3 - Call
4 - Perfidious
5 - Thing
6 - Nyarlath

Insane est disponible au format CD, digital et partiellement en écoute libre sur la page du groupe :
Chant : S.
Guitare et basse : I.
Guitare : V.
Batterie : A.

Paroles et musique : I. and S.
Parution : 19 octobre 2019